Paroles de Coureurs : Les Témoignages Inspirants d’Ambérieu Marathon
Plongez dans l’univers captivant de la course à pied avec Ambérieu Marathon. Découvrez les récits authentiques et inspirants de nos membres passionnés, partageant leurs expériences, leurs défis et leurs réussites au sein de notre club. Des anecdotes motivantes qui témoignent de l’esprit d’équipe, de la détermination et de la joie de courir ensemble. Explorez cette galerie de témoignages et laissez-vous emporter par la passion qui anime chaque coureur d’Ambérieu Marathon. Que vous soyez un débutant cherchant à vous lancer dans la course ou un coureur chevronné en quête de nouvelles motivations, ces histoires sauront vous inspirer et vous encourager à rejoindre notre communauté dynamique.
Hivernale des templiers à Roquefort-sur-Soulzon (12) -
7 décembre 2025
Témoignage Marc
J’arrive à Roquefort dans une bonne forme pour l’Hivernal des Templiers: 66 km pour 2300 m D ➕️. Malgré, une petite déchirure au mollet en octobre, j’ai pu suivre une bonne préparation. Je retrouve les copains du club samedi pour récupérer les dossards. Nous faisons une petite visite du village avec reconnaissance du départ et de l’arrivée.
Dimanche matin 6h15, on se retrouve sous l’arche de départ. Je suis devant, fidèle à mon habitude en compagnie d’Alban qui m’a rejoint. Théo et Mika sont un peu en retrait, alors que Julien part dans la deuxième vague à 6h30. Départ avec la musique des Templiers à fond. Ça part vraiment fort sur une route en faux plat descendant. Il y a même des bousculades. Oh les gars, tranquille, on part pour 66 km. Je vois Alban qui se faufile devant tandis que je prends mon rythme sur les 2 km de descente qui nous emmènent vers les contreforts de la première montée. Nous sommes dans le brouillard avec une bruine incessante mais il ne fait pas froid, environ 8°. J’attaque le single de cette montée en file indienne. J’admire un serpentin de lumière qui se dessine dans ce crachin. Les frontales transpercent ce brouillard difficilement. J’ai du mal à voir les détails. Les chemins sont bien boueux. Avant la fin de la montée, j’enlève mes lunettes qui sont pleines de buée. Je mets pleine puissance sur ma lampe pour voir un maximum de détails et attaquer la descente technique. J’ai un bon grip, ce qui me permet de bien descendre et de doubler quelques coureurs. Un petit jeune, se cale dans ma roue pendant toute la descente. Il me check sur le plat suivant, visiblement heureux de son passage, puis part devant dans le brouillard. La descente suivante, toujours dans la nuit, s’apparente à un slalom spécial sur une piste noire où les piquets sont remplacés par des buis. Un vrai régal pendant quelques minutes.
Un peu avant le premier ravito, au km16, le jour se lève, Mika me double, il est sur un bon rythme. Il part devant, je l’apercevrai encore une fois après le ravito puis à l’arrivée… Nous passons maintenant dans une étroite combe sur un chemin très escarpé et technique au milieu d’arbres couverts de mousse où il est très difficile de courir. Avec l’humidité ambiante, on se croirait dans un film d’aventure. Un passage de quelques kilomètres digne des inédits de GG… Toujours dans la brume, je suis sur le plateau. Le parcours nous fait passer à côté de magnifiques rochers. Le single est au milieu de la bruyère et des cailloux. Il se met maintenant à pleuvoir, km 29 environ 4 heures de course. Arrive le deuxième ravito. Heureusement, ils sont très copieux dans des vieilles bâtisses style château des Templiers, cela permet d’être au sec et protégé du froid pour manger un bout. Je ressors, il ne pleut plus, mais je ne me sens pas bien. J’attaque la montée qui nous amène de nouveau sur le plateau avec une extrême prudence et malgré mon petit rythme je sens arriver mes problèmes gastriques. Ça se manifeste par un point entre l’estomac et l’œsophage qui me comprime dans le ventre avec des nausées. J’ai fait un mauvais protocole nutritif(trop de sucré). Bon ça va être dur car je sais par expérience que ça ne va pas passer et que ça va me bouffer beaucoup d’énergie. D’ailleurs mon corps se met en mode dégradé. Sur le plateau, les sentiers s’enchaînent avec beaucoup de relance. Théo me rejoint nous faisons 2-3 kilomètres ensemble ; ça me fait un bien fou. Puis il continue, je le reverrai à l’arrivée. Toujours dans la brume, ce plateau n’est pas monotone. J’arrive quand même à courir. C’est une lutte permanente entre ma tête, mes jambes qui vont encore bien contre mon système digestif. C’est dommage de ne pas apercevoir le paysage. Avec du soleil, ça doit être magnifique. Je me traîne jusqu’au 3ᵉ ravito, ravito km 54 7h30 de course. Je prends mon temps pour manger une bonne soupe et quelques tartines de pain avec du roquefort au chaud. Allez Marco plus que 12 km. Je sens un petit regain d’énergie et je me lance dans la dernière partie.
Avec ma foulée économique et ma technique dans les descentes, je ne dépense pas trop d’énergie. Je me livre même une bataille avec un autre vieux pour le classement de la catégorie. Mais que les montées sont difficiles…. Il me repasse à chaque fois sans même un regard compatissant. Dernier pétard bien raide et bien boueux avant la descente au village. Le parcours nous fait passer dans des traboules et petites ruelles de Roquefort pour finir dans la salle polyvalente où se trouve l’estrade d’arrivée.
Je finis 249e scratch et 3e des plus de 60 ans en 9h22. Où je retrouve tout le monde. Complètement cramé, je n’arrive pas à manger ni à boire. Je reste assis comme ça sur une chaise pendant un bon moment. Mais, je suis content de partager avec les copains ce trail long. J’ai même pu livrer une bataille avec les M5 (toujours l’esprit de compète …)
Et puis la vérité d’une course n’est pas celle de la précédente et ne présage pas de la suivante. C’est pour ça que j’aime tellement le trail.
Maintenant place au relâchement et au ski pour attaquer la prochaine saison avec envie et passion.
Championnats de France de Trail à Val d’Isère (73)-
12 juillet 2025
Témoignage Marc
Après tous mes ennuis physiques de ce printemps, je suis heureux de me retrouver à Val d’Isère, théâtre des championnats de France de Trail long. C’est l’épreuve de sélection pour les championnats du monde qui se dérouleront au mois de septembre dans les Pyrénées espagnols. La Fédération a choisi cette épreuve de haute montagne pour avoir les meilleurs représentants français.
Me voilà dans le sas de départ au pied de la Face de Bellevarde. Il est 4h30 le ciel est bien dégagé avec la lune qui brille au-dessus des montagnes. Je suis serein et calme. Coup de pistolet, nous partons pour 72 km dans les rues de Val d’Isère. Il y a 3 km de goudron pour rejoindre la première difficulté et étirer le peloton. La température est fraîche à cette heure matinale. Il fait environ 5 degrés et beaucoup de coureurs ont des gants. Je vois le serpent des frontales sur les premiers lacets de cette montée très raide. J’arrive à mon tour sur le single. Nous sommes en file indienne pour faire les 1000 m de D plus en 4 km et rejoindre le col situé à 2600m. Je sens que tout le monde est bien concentré. De temps en temps, j’arrive à voir du coin de l’œil les lumières de Val d’Isère en contrebas et de lever la tête pour admirer le ciel étoilé, mais c’est bref car le chemin est très escarpé, je m’aide souvent des mains pour arriver au sommet. Le jour se lève, un paysage magnifique se présente à nous. Je sens que j’ai les bonnes jambes, le rythme est bon, j’attaque la descente tranquillement pour ne pas dépenser trop d’énergie. Il faut toujours rester concentré pour courir sur ces chemins très techniques. J’arrive au premier ravito. km 16. Mon pote Fred est là pour faire mon assistance durant toute la course. Echange bref, tout va bien, je suis dans mon planning. J’attaque la montée sur le col de l’Iseran, le deuxième gros morceau de la matinée. Le début du chemin est dans la forêt. Rapidement nous arrivons sur une piste de ski. C’est une piste rouge que nous gravissons. Je monte bien. Et commence, les premières défaillances des coureurs qui sont partis trop vite. Deuxième ravito au col j’en suis à 5h de course pour 22 km. Je me pose quelques minutes pour m’alimenter. Le prochain ravito est dans 24 km… C’est sous un grand soleil que je repars. Le parcours suit pendant un moment le GR avant de prendre la direction d’une vallée sauvage. Nous sommes à présent bien espacés, le chemin devient roulant, je peux courir, les jambes répondent bien, c’est avec plaisir que je traverse ce désert minéral du bout du monde. Puis arrive la longue descente sur Bonneval. 3e ravito au kilomètre 46 toujours dans mon allure. 8h30 de course. Fred me signale que je suis deuxième avec une heure de retard sur le premier et une demi-heure d’avance sur le troisième.
Ça fait bizarre de se retrouver au milieu de tout ce monde. Je m’arrête un quart d’heure pour manger avec Fred, assis dans une ruelle de Bonneval au milieu d’autres coureurs. Les visages commencent à être marqués. Il reste encore beaucoup de difficultés. Je sors du village pour prendre le single qui nous ramène au col de l’Iseran il y a 1000 m à faire en 7 km et là curieusement, mon corps ne répond plus. Qu’est-ce qui m’arrive ? j’ai pourtant tout fait comme il faut depuis le départ de la course. Est-ce à cause de l’altitude ? de l’enchaînement des difficultés ?
Bon maintenant, c’est une autre course qui commence, une course au mental contre moi-même. Ça va être long, très long. La montée est très difficile avec des pentes à plus de 30 %. Je traîne ma peine, mais bizarrement personne ne me rattrape pendant un bon moment. Puis un concurrent me double, puis un autre. Je vois que leur rythme n’est guère plus rapide. En fait c’est dur pour tout le monde.
Je comprends pourquoi il n’y a pas beaucoup de « vieux » inscrits sur le trail long…
Vu le rythme que j’ai maintenant, il va falloir composer avec les barrières horaires. Heureusement, j’ai pris de l’avance sur les deux premiers tiers de la course. Mon moral remonte même si je n’arrive pas à augmenter le rythme. Les jambes sont toujours là et je n’ai pas de douleur mais dès que j’accélère je suis en hypoxie. Je mets un peu plus de 2h pour arriver au ravito du 2e passage au col de l’Iseran km 53. Je me pose encore un quart d’heure. Je n’arrive plus trop à manger, heureusement la soupe de l’organisation arrive à passer, en plus elle est très bonne. C’est avec beaucoup d’appréhension que je pars en direction du sommet de la course à 3300 m. Le sentier est vallonné pendant 2 km pour arriver au pied de cette difficulté. J’arrive toujours à courir sur les portions plates. Je cherche du regard où je vais passer pour gravir cette montagne. Je vois au-dessus de moi quelques coureurs au milieu de nulle part. Il n’y a plus de chemin que du balisage pour tracer cette montée formée de roche et de gravats avec 35 % de pente. Nous passons de 2700 à 3200 m en 2 km, que c’est dur… Nous sommes une vingtaine sur ce passage et chacun avance comme il peut. Arrive la crête, un peu de répit. J’en profite pour admirer le paysage. En face, j’aperçois les coureurs qui sont sur le glacier que je vais devoir descendre. Sur la crête, il faut rester concentré car elle n’est pas bien large. C’est un enchevêtrement de rochers. Avec la fatigue, une erreur est vite arrivée. Je gravis les derniers mètres sous les encouragements des bénévoles qui sont au sommet. Enfin la bascule, je prends le temps de mettre mon coupe-vent. Nous sommes une dizaine un peu hagard à nous préparer pour la descente. Parmi ceux-ci je vois le troisième M6 qui m’a rattrapé. Il faut s’aider des mains pour le début de la descente et rejoindre le glacier. J’arrive sur la neige et je prends plusieurs gamelles. Je choisis de descendre coucher sur le dos pour arriver sur la partie moins pentue. J’avance en m’enfonçant dans la neige aidé de mes bâtons comme ça pendant plusieurs centaines de mètres. Les coureurs qui étaient avec moi ont été plus habiles et se sont détachés devant. Ma montre s’est arrêtée ; plus de piles. Je n’ai plus de repères pour la dernière barrière horaire. Un peu angoissé, j’essaye d’augmenter le rythme, je reviens sur une concurrente. « C’est quelle heure ? il nous reste combien de temps jusqu’au ravito? » rassurante, elle me dit : » on a une heure pour faire les deux kilomètres ». Je reste avec elle jusqu’au col pour le dernier ravito km 62. C’est avec soulagement que je retrouve Fred. Il est bien emmitouflé. Il commence à faire froid, il est 19h et j’en suis à 14 heures de course.
Après le passage dans la neige, j’ai les pieds trempés. Je change de chaussettes et mange une soupe. Je ne traîne pas trop car je n’ai pas vu le deuxième qui est déjà reparti. Maintenant que le challenge de la barrière horaire est gagné, l’esprit de compétition revient. Il faut aller chercher cette deuxième place. Je n’ai toujours pas mal aux jambes et aux genoux. Le moral est à bloc. C’est parti, mince j’avais oublié il y a encore 150 mètres à gravir pour rejoindre le tunnel qui nous fait passer de l’autre côté de la montagne. Cette dernière difficulté s’apparente plus à une via ferrata. La paroi est équipée de cordes et de barres de fer sellées dans la roche pour faire des marches. On traverse même un névé pour arriver au tunnel. Je trouve cette partie quand même limite… surtout après 14 heures de courses et le manque de lucidité qui va avec. Enfin la dernière descente, j’ai 9 km pour rattraper le M6. Je suis bien concentré, ce n’est pas le moment de tout gâcher. Je jette toute l’énergie qui me reste dans la bataille. Au bout d’un moment, en contrebas, j’aperçois un groupe de 5 coureurs, je suis sûr qu’il est parmi eux. C’est bon, je reviens assez rapidement ; ça va le faire. Puis au détour d’un relief, trois coureurs sont arrêtés, mon adversaire du moment a le visage en sang, il vient de tomber. Il est debout en train de reprendre ses esprits. Après un bref échange, ça a l’air d’aller. Un coureur se propose de rester avec lui pour continuer la descente. Il y a encore 4 km. Bien rester concentré. J’arrive dans les sapins au-dessus de la station, il y a plein de racines sur le single, puis l’arrivée avec encore beaucoup de spectateurs pour nous encourager. Enfin la délivrance, je passe sous l’arche complètement exténué avec le sentiment d’être allé au fond de moi pour finir cette course en 16h04 222e scratch et vice- champions de France de ma catégorie.
C’est de loin la course la plus exigeante et difficile que j’ai faite. J’ai même dû pour la première fois, regarder les barrières horaires et pourtant j’avais des super jambes
Ça a été carrément une aventure.
Saint So course - 22 septembre 2024
Témoignage Marc
Après un été actif, j’ai repris un cycle d’entraînement pour préparer les courses de cet automne. La première est le trail de Saint-Sorlin avec ses 42 km et 2200m de D+. Je me fais une joie de courir cette course; elle est sur les chemins de mes sorties longues et je connais le parcours par cœur.
C’est en pleine forme et gonflé à bloc que j’arrive un peu en avance au départ. Il y a plusieurs coureurs d’Ambérieu marathon qui sont venus en voisins. L’ambiance est plutôt agréable et le temps est clément. Ça me permet de papoter et d’être bien décontracté.
C’est parti comme à mon habitude je pars devant et cette fois j’ai décidé de partir vite. Je suis dans un bon groupe pour les premiers kilomètres qui sont sur le plat. Au loin j’aperçois furtivement Antonin et Adrien qui sont aux premières places un peu devant moi, l’autre Marc a pris son rythme j’ai une bonne cadence et je sens que les jambes sont là. Vers le kilomètre 8 Mickael me double et Damien me suit. C’est sympa de faire une course avec les connaissances. On attaque la première grande montée qui se passe avec plusieurs parties de faux-plat montant entrecoupés de petites descentes. Je jette un petit coup d’œil aux magnifiques vasques du ruisseau que nous suivons pendant quelques mètres.
La pluie fait son apparition, bon ça va, c’est une pluie fine et nous n’avons pas de boue. Arrive le calvaire de porte sommet de la première difficulté à 1040 M. J’ai toujours de l’énergie et ma cadence est bonne. Le parcours est bien tracé avec beaucoup de bénévoles pour nous encourager. Je suis à la lettre mon planning de ravitaillement. C’est avec de la fraîcheur que j’arrive au bout de 3h15 de course au pied de la montée de Conan jusqu’au Crêt de pont, soit 650 m de D+ en 3 km. C’est la grande difficulté du parcours. Sur la fin j’explose. J’ai un peu trop poussé, je fais les chemins vallonnés du haut tranquillement, il me faut 15 minutes pour récupérer des efforts fournis.
Puis j’attaque la descente. Je suis tout seul, personne devant, j’ai juste à me concentrer sur ma foulée les pierres glissantes et ma posture. J’attaque la dernière montée jusqu’à la croix de Souclin qui est bien casse-pâte à ce moment de la course. Allez Marco, maintenant gaz jusqu’à l’arrivée, je finis en 5h35 avec la satisfaction d’avoir fait une course pleine au maximum de mes capacités du moment. Ça me positionne premier M5-M6 et 36ᵉ au scratch. Puis quel bonheur de voir tous ces sourires sur les visages des copains et copines dans l’air d’arrivée. Comme la pluie a cessé, ça donne l’occasion de partager une bonne bière et à chacun de résumer sa course
Trail des Carbonis - 3 mars 2024
Témoignage Marc
C’est avec des conditions hivernales prévues par la météo, que je me suis rendu ce matin à Chasselay dans les monts d’or pour le trail des carbonis de 41 km pour environ 2000 m de D+.
La météo n’a pas menti et c’est sous une pluie battante et glaciale que les 297 courageux prennent le départ alors que les inscriptions étaient complètes avec 380 coureurs. Comme à mon habitude, je pars dans mon rythme qui n’est pas trop rapide vu le temps, je ne me suis pas trop échauffé et comme tous les autres coureurs, nous arrivons au dernier moment sous l’arche de départ. Je suis vite dans l’ambiance après 2 km de goudron, j’attaque les premiers chemins, ils sont larges et malgré le peloton, il n’y a pas de bouchon pour attaquer la première grande montée qui se prend en courant dans ma vague. C’est avec une pluie battante que nous montons vers le premier sommet d’environ 500 m. La pluie se transforme en gros flocon, je dois ranger mes lunettes pleine de buée et d’eau pour voir devant moi…
Pour le moment j’affronte ces conditions sereinement, j’ai mes trois couches, des gants avec sur gants et chaussures Gore-Tex, je suis au sec. S’ensuis une descente, nous retrouvons la pluie, les chemins sont de plus en plus boueux et se transforment en ruisseau. J’en suis seulement au 6ᵉ kilomètre, puis nous montons sur le plus haut sommet de la course, il n’est pas bien haut, mais il neige maintenant vraiment beaucoup et le sol commence à être tout blanc.
Rebelote descente et pluie intense. Je suis au kilomètre 15 et ça y est la pluie a traversé toutes mes affaires et je suis trempé pour attaquer la 3ᵉ difficulté du parcours. Les chemins se sont transformés en torrent de boue qui coulent harmonieusement, j’admire les arabesques qui se dessinent pour ne pas penser au froid. Le moral est toujours bon, mais en arrivant sur le plateau, la neige tombe toujours accompagnée de grandes rafales de vent et maintenant, c’est 5 cm de neige gorgée d’eau que l’on trouve sur le sol.
Je prends un sacré coup de froid et je suis qu’au kilomètres 18 je décide d’augmenter l’allure pour me réchauffer quitte à exploser plus tard. ça marche mon corps se réchauffe petit à petit au milieu de cette tempête et une énergie insoupçonnée m’envahit pendant quelques kilomètres qui me permettront de passer ce plateau glacial. On a vraiment un paysage hivernal, c’est tout blanc avec le brouillard et je croise même un chasse-neige dans la traversée d’un village. Redescente sous la pluie, le froid me reprend. Je ne sens plus mes pieds, c’est vraiment une sensation bizarre de courir comme ça. J’arrive à courir, mais je ne commande plus la cadence de ma foulée. J’ai de plus en plus froid, surtout prendre des gels pour tenir. Tout mon corps commence à se contracter et ma respiration n’est pas relâché, mais il faut continuer. Il n’y a pas de choix, je suis en pleine nature. Je me rassure en voyant une voiture de pompier sur le croisement d’une petite route. Plusieurs coureurs sont arrêtés avec des couvertures de survie et pris en charge. J’arrive au ravito du kilomètre 31. Un bénévole se charge de me donner mon dernier gel et remplir une flasque d’eau. Je n’arrive plus à rien tellement que je tremble vite il faut repartir pendant que c’est encore possible. Je me mets en mode robot. Je ne sens toujours plus mes pieds et maintenant les muscles de mes jambes, mais je cours encore, c’est une sensation que je n’avais jamais explorée. Ça avance, il ne reste plus que quelques kilomètres. Le mental est là et paradoxalement, je n’ai pas de douleur, puis je passe la ligne d’arrivée pour m’engouffrer dans le gymnase.
Je finis 122ᵉ et deuxième M5 en 5 H 02. Prix de tremblement, je mets pratiquement une heure pour me réchauffer. Je regarde autour de moi et beaucoup sont dans le même état mais c’est surprenant, tout le monde a le sourire. De l’avis de nombreux trailers chevronnés, c’est l’une des plus dure course de leur vie.
Cette course restera longtemps dans ma mémoire et ça a été pour moi un excellent entraînement pour le mental. 🥶😉
